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Twenty-third chapter.ღ

 

Twenty-third chapter.ღ

Il est là, à quelques mètres de moi, me dévisageant, les yeux exorbités.

- Qu'est ce que tu fais là ? grogne-t-il, en se contractant avec douleur.
- Je-je-je... je ne savais pas, j'avais oublié, je suis désolée, balbutié-je troublée.

Il transpire de plus en plus, et serre les poings au maximum. Il gémit. Il a mal, ça se voit.

- Va-t'en, m'ordonne-t-il d'un souffle rauque.
- Non. Je veux rester.
- Va-t'en Heaven ! Je vais te faire du mal ! hurle-t-il.

Je recule involontairement en un sursaut. Je ne veux pas partir, je dois le voir ainsi. Je veux le voir comme il est réellement, je veux le soutenir dans sa transformation, lui montrer que je suis là, et que je ne l'abandonnerai pas.

D'un coup, il se tord et j'entends plusieurs de ses os se briser. Il hurle, en faisant crisser le mur sous ses ongles maintenant foncés et pointus, avec un affreux bruit de grincement. Je plaque ma main sur ma bouche sans arriver à détourner les yeux de la scène, sentant ma vue se brouiller par les larmes qui montent.
Je vois des poils hirsutes pousser soudainement sur ses mains, ses joues et ses bras. De longues dents jaunâtres viennent blesser sa lèvre inférieure, et son visage parsemé de poils bruns se tourne à nouveau vers moi, avec une expression sauvage.

- Jake... fais-je dans un murmure étouffé par ma main toujours plaquée sur ma bouche.

Il grogne et a un violent mouvement vers moi, ce qui tend ses chaînes, et lui brûle la peau. Il continue de se débattre, pour m'approcher, et je reste plantée là. Il n'est plus le même, il ne me reconnaît pas. Je vois la roche se fissurer derrière lui, puis il donne un dernier coup dans le vide et la chaîne qui retenait sa main droite lâche. L'autre chaîne se brise quelques secondes plus tard, sous la force surhumaine de Jake. Je recule d'instinct, mais je ne m'enfuis pas. Je suis sûrement une idiote, de ne pas fuir un être qui n'est plus lui même, qui est devenu sauvage et incontrôlable. Les dernières chaînes lâchent sous la pression, et je me laisse aller à la panique. J'abandonne toute idée de rester à ses côtés, et j'essaye de m'enfuir, mais il est trop tard. Jake m'attrape d'une poigne de fer puis me plaque violemment contre la paroi. Ma tête frappe la roche, et ma vision se floute quelques secondes, puis je revois clairement. La bête qu'est devenue Jake me fixe de ses yeux jaunes, et je le regarde dans les yeux, en respirant durement. Il lève sa main droite, puis vient caresser mes cheveux de ses ongles noircis. Je sens son souffle rauque sur mon cou. Il promène sa main le long de mon cou, puis empoigne d'un coup celui ci. Non, il ne va pas faire ça, il ne me ferait pas de mal, tenté-je de me répéter. Mais il presse durement sur mon larynx, et commence à me soulever du sol. Je sens mes tempes battrent dans un horrible écho, et j'ai du mal à respirer. Il serre de plus en plus, au fur et à mesure que je sens mes pieds quitter la terre ferme. Je sens ses ongles noircis s'enfoncer peu à peu dans la peau de ma nuque.

- Jake... s'il te plait..., fais-je d'une voix étranglée.

Il ne me répond pas, me fixant avec sauvagerie, comme si j'étais sa future proie; ce que je suis sûrement. J'ai de plus en plus de mal à respirer, et ma vue commence à se brouiller. Si je ne fais rien, je vais mourir. Il ne me reconnaît pas. Il n'est plus lui-même. Je lève lentement mon bras, puis applique ma main avec force sur son épaule droite, tandis que l'autre empoigne la main de Jake, pressant sur mon larynx . Quelque chose s'enflamme en moi, et je le pousse avec violence. Il fait un vol plané jusqu'à la paroi d'en face, soudainement privé de toute crédibilité, avant de s'écraser violemment contre le mur, et de retomber avec un bruit d'os brisé sur le sol, en tombant tel une poupée de chiffon usée. J'étouffe un cri, et j'hésite longuement à aller voir si il respire. Je n'ose pas m'approcher de lui, j'ai peur. Les deux mains massant mon cou douloureux, je tousse bruyamment et titube fébrilement jusqu'à la sortie, ne quittant pas des yeux Jake, inerte, sans aucun signe de vie apparent. Je détourne les yeux, puis m'empresse de fuir, en courant difficilement. Il est peut-être mort. J'ai peut-être tué Jake. Ces paroles résonnent dans ma tête tout au long de mon chemin, avant que je n'arrive devant la maisonnette de Zachariah. Je monte les marches de l'escalier blanc, la boule au ventre et un affreux pincement au cœur. Je garde une main sur mon cou, pendant que l'autre m'aide à me soutenir pour que je ne tombe pas. Je sens encore sa poigne chaude et meurtrière sur ma peau, et son regard bestial me fixer sans émotion.

Je frappe à la porte d'une main tremblante, et c'est Joyce qui vient m'ouvrir, et qui a soudain un mouvement de recul inexplicable en me voyant, avant de refermer puis de lancer sur le ton de la réprobation :

- Heaven ! Tu as encore disparue, c'est pas possible ça ! (soudainement alarmée, et voyant sûrement la marque que m'a sûrement fait le beau brun qui me protégeait jusqu'à présent, ainsi que ma mine de déterrée, elle poursuit d'un ton anxieux) Qu'est-ce-qu'il t'est arrivé ?
- Je... Il... dis-je d'une voix quasiment inaudible en sentant les larmes monter.
- Quoi ? Qu'est-ce-que... (elle plaque sa main sur sa bouche, ayant soudainement compris, sans que j'ai à lui dire) Oh mon dieu...

Je la fixe, les yeux larmoyants, et la regarde se diriger vers la chambre de Zachariah. Je l'entends lui dire quelques mots d'un ton tendu et ils reviennent, tout deux avec une expression horrifiée sur le visage. Zachariah me fait m'assoir sur une des chaises de la cuisine, et sort un quelques glaçons qu'il rassemble dans un torchon, avant d'appliquer le tout sur mon cou, avec une petite grimace de ma part. Je ne sais pas si cela sert vraiment à quelque chose, honnêtement.

- Pourquoi l'as-tu suivi, Heaven ? me demande-t-il d'une voix douce.
- J'avais oublié que c'était la pleine lune, et je voulais juste savoir qu'est ce qu'il allait faire dans la forêt. Mais si j'avais su...,murmuré-je.
- Soit moins curieuse à l'avenir, me lance Joyce.
- Tu l'as vu se transformer ? interroge Zachariah.
- Oui...

Je baisse les yeux, perdue dans l'horrible et douloureuse pensée de Jake se tordant dans d'affreux hurlements. Joyce brise le silence.

- Comment tu as fait pour t'échapper ? Normalement, si tu es attaquée par un loup-garou, (elle hésite) tu ne t'en sors pas...

Je lève la tête, puis répond timidement.

- Je l'ai projeté à l'autre de bout de la grotte...

Ils me fixent avec des airs étonnés et impressionnés.

- Tu as utilisé tes pouvoirs, ça explique la couleur de tes yeux, lance Zachariah.

Je comprends finalement la réaction de Joyce quand elle m'a vue à la porte. Elle n'avait encore jamais vu mes yeux ainsi. Je n'essaye pas de les faire revenir à leur couleur naturelle, de toute façon je n'y arriverait pas, je suis encore trop tendue.

- En tout cas, bravo. Tu t'es protégée seule contre un loup-garou, c'est impressionnant, enchaîne Joyce.
- J'imagine... Mais... je crois que je lui ai fait du mal, chuchoté-je d'une voix hésitante.
- Comment ça ? questionne la jolie blonde, interloquée.
- Je... Quand je l'ai poussé... Il s'est cassé quelque chose, et il ne bougeait plus. J'ai peur de...
- De l'avoir tué ? Aucune chance. Personne ne peut tuer un loup-garou, ils sont bien trop robustes, fait Zachariah pour me rassurer.

Joyce hoche la tête, pour confirmer. Ils ne sont pas inquiets pour Jake, je ne devrais pas l'être non plus.

- Si tu le dis... soufflé-je, avant de conclure la discussion et de me lever en penchant le torchon glacé sur la table de la cuisine. Je suis fatiguée, alors je ferais mieux d'aller me coucher.

Je ne leur laisse pas le temps de répondre, et vais dans ma chambre d'un pas pressé. Je ferme brusquement la porte derrière moi, puis m'adosse à celle-ci, et me laisse glisser jusqu'au sol en ignorant mon cou qui me fait un mal de chien. Je garde les yeux dans le vague, en pensant à l'expérience que je viens de vivre. Le Jake que je croyais connaître n'existe plus. L'image de son visage transformé et de ses yeux emplis de sauvagerie me revient en tête et je ne peux réprimer un frisson. Je passe mes mains moites sur mon visage pour reprendre mes esprits. Mes battements de cœur sont encore très rapides, et j'ai toujours une respiration saccadée.

Je me relève, et marche lentement jusqu'au lit, avant de me déshabiller et d'enfiler le pyjama que m'a prêté Joyce. Je pose mes vêtements de la journée par terre, puis je me glisse sous les draps après un rapide coup d'œil à la fenêtre laissant apparaître la pleine lune scintillant dans le ciel étoilé. J'enfonce ma tête dans l'oreiller moelleux, et ramène la couette jusqu'à mon cou, qui est toujours douloureux. Je frissonne, puis me tourne et fixe la nuit, avant de sentir mes paupières se fermer doucement et mon esprit sombrer dans le monde des rêves et des cauchemars.

J'ai échappée à une mort certaine ce soir. Et mon meurtrier aurait été Jake. Je crois que j'aurais du mal à m'en remettre rapidement.

J'ouvre les yeux, et m'assoit lentement sur le lit. Bizarrement, je n'ai pas fait de cauchemars cette nuit. J'aurais cru voir Jake sous sa forme de bête, me tuant ou me faisant du mal, mais j'ai dormi, tout simplement. Ça fait du bien.

J'ai le réflexe de regarder par la fenête. Il ne fait pas encore jour, mais le soleil fait son apparition à l'horizon et la lune perd peu à peu de son opacité.

Je pose mes pieds nus sur le sol, et sors de la pièce, en marchant doucement et sans bruit.

Le couloir est vide, et silencieux. Zachariah et Joyce dorment sûrement. J'avance vers l'escalier blanc tournant sur lui-même au fond du couloir, qui m'a intrigué dès mon arrivée, et entreprend de voir à quoi il mène. Les marches sont gelées. Rapidement, j'arrive à la fin de ma montée. L'escalier mène en réalité au toit de la maison, qui est plat et parsemé de plantes, de fleurs et de mousses. J'avance doucement, en sentant la rosée du matin sous mes pieds. Il y a un vent frais et calme dehors, qui caresse doucement la peau nue de mes jambes. Je m'assois finalement au bout du toit, en laissant les jambes pendre le vide, au dessus de l'escalier de l'entrée, à quelques mètres du sol. Je contemple le ciel, qui affiche un tableau magnifique.

Je ne sais pas combien de temps je reste ainsi, une vingtaine de minutes peut-être. J'entends un bâillement masculin derrière moi. Je sursaute légèrement, puis me retourne, avant de me rendre compte que c'est Zachariah. Il avance vers moi.

- J'ai vérifié dans ta chambre, et quand j'ai vu que tu n'y étais pas, j'ai supposé que tu étais ici, me lance-t-il avec un petit sourire.
- Tu as bien supposé, on dirait.

Il vient s'asseoir près de moi, et tourne sa tête blonde vers moi; un sourire se dessine sur son visage angélique.

- Tu ressembles beaucoup à ta mère, comme ça.

Je tourne ma tête vers lui, un air intrigué sur le visage.

- Comment ça ?
- Tu as le même regard intense. Et tes cheveux ont un peu bouclés, ajoute-t-il après une courte pause.

Je reste silencieuse un moment, puis retourne ma tête vers le soleil qui commence à se lever.

- Tu la connaiss... (j'hésite un moment, avant de ravaler mon mot) connais bien? demandé-je.
- On était de très bons amis, oui. Quand je l'ai connu, elle avait à peu près ton âge. C'est moi qui lui fait rencontrer ton père, avec qui j'étais très proche d'ailleurs. Donc techniquement, c'est grâce à moi si tu es née, petite.

Un petit sourire amusé s'étire sur mes lèvres. Cette révélation est assez drôle, quand on y pense.

- Comment elle est ?
- C'est une femme emplie de bonté, d'amour et de courage. Je pense que tu es un peu comme elle, mais tu auras tout le temps de le découvrir plus tard.
- Oui... si j'arrive à la sauver...
- Heaven, je te promets que je ferai tout pour que tu y arrives. Tu pourras le faire, j'en suis persuadé.

Son ton sérieux et assuré me suprend. Il veut vraiment m'aider, même si on ne se connait pas. Il doit être vraiment attaché à ma mère.

- Ma mère m'a tout de suite dit d'aller te voir, pour que tu m'aides, elle te fait vraiment confiance.
- Je l'ai toujours soutenue et aidée. Mais la plus grande chose que j'ai fait pour elle, c'est te protéger, toi, fait-il, en me pointant du doigt.
- Qu'est ce que tu veux dire par là ? dis-je en fronçant les sourcils.
- Comment crois-tu avoir survécu au massacre ?
- Je...
- Je t'ai caché. Tes parents étaient au courant de ce qui se préparait, et ils voulaient à tout prix te sauver. Je t'ai gardé chez moi, pour que personne ne suspecte qu'ils avaient un enfant.
- Mais... pourtant, le roi savait. Il savait qui j'étais. Il ne s'est posé aucune question sur moi.
- Je ne sais pas comment il l'a su, mais il l'a sûrement deviné, il est capable de beaucoup de choses, il ne serait pas roi sinon.
- Sûrement..., murmuré-je.

Un silence s'installe. J'ai encore tellement de questions, mais tout se bouscule dans ma tête et je ne sais pas lesquelles posées. Il est en réalité si important pour ma famille, si « proche » de nous.

- Zachariah... Tu sais quelque chose à propos d'un événement dans la vie de ma mère vers ses seize ans ?
- Je ne sais pas, peut-être, pourquoi ?

J'hésite à lui parler de cette pièce close ou ma mère à apparemment été retenue je ne sais pas combien de temps.

- Ma mère m'a dit qu'elle avait été retenue dans une pièce, seule, vers cet âge là. Elle a été enlevée je pense.

Un éclair passe dans les yeux bleus de Zachariah. Il sait quelque chose.

- Je n'en ai jamais entendu parlé, désolé Heaven, me dit-il d'un ton tendu mal dissimulé.

Il ment. Mais pourquoi ? Après un moment, je reprends la parole, en changeant radicalement de sujet de conversation.

- Je veux m'entraîner. Je veux apprendre, et contrôler mes pouvoirs. Maintenant, lancé-je, décidée.
- Tu devrais peut-être t'habituer à vivre dans un monde de magie...
- Non, fais-je d'un ton catégorique. Je sais que je peux le faire. Je ne sais pas encore ce que je devrais faire, mais j'y arriverai. Explique-moi juste.

Il me fixe un instant, puis se racle la gorge et se lance :

- Tout d'abord, on va étudier de quoi tu es capable, pour évaluer tes capacités pour l'instant. Aussi bien psychiques que physique, je te préviens. Ça nous permettra de savoir à peu près quel niveau tu atteindra à ta majorité. Ensuite, je vais t'apprendre à les utiliser de façon pratique et sécurisée. Si on continue sur ce chemin là, tu devrais pouvoir gérer après, déclare le beau blond d'un air sûr de lui.
- Ok. On commence quand ? répliqué d'un ton vif.

Il ne réprime pas un petit rire amusé.

- Ne soit pas trop pressée. Mais bon, si tu le veux vraiment, on peut commencer aujourd'hui.
- Je le veux vraiment. Mais...

Je m'interromps soudainement. Un bruissement parvenant de la forêt à attiré mon attention. J'entends maintenant clairement des pas; des pas irréguliers et une respiration saccadée. Mais je ne sais pas d'où cela vient.

- Qu'est ce qu'il y a ? s'enquiert Zachariah dont je sens le regard intrigué.
- Tu n'entends pas ? lui fais-je en lui jetant un bref coup c'œil.

Il fronce les sourcils et se concentre, mais secoue la tête en signe de négation.

- Non. Désolé.
- Mais..., lâché-je, sans comprendre.

Je cherche l'origine de ce bruit qui se rapproche. Puis, tout à coup, je vois une silhouette au loin, quittant la forêt éclairée par le soleil maintenant levé. Je plisse les yeux, et en reconaissant la personne, je préviens Zachariah d'une voix alarmée.

- C'est Jake, fais-je en pointant l'ombre titubante à quelques dizaines de mètres de nous.

Zachariah plisse à son tour les yeux, et acquiesce rapidement.

- Je vais le chercher.

Puis il saute du toit et atteri agilement sur le sol sous mon regard impressionné, avant que je ne puisse lui dire quelque chose. Je le vois courir dans la direction de Jake. Je reste à le regarder, sans bouger. Je suis soulagée que Jake soit en vie. Je suis inquiète pour lui, et je veux aller m'assurer qu'il va bien, mais je n'arrive pas à bouger, et à courir moi aussi après lui. Je me contente donc de les fixer. Zachariah ramène lentement Jake, qui semble troublé. Mon cœur se serre quand je vois son visage perdu, semblant si inoffensif. Mais son regard dénué d'émotion et son apparence de bête me reviennent brusquement en tête, et je chasse ses pensées par un secouement de tête. Je me relève enfin, quand je vois les deux garçons s'approché de la maison. Je marche rapidement et descends les escaliers. Je tombe sur Joyce qui sort de sa chambre, les cheveux ébouriffés et l'air fatiguée. Elle vient sûrement de se réveiller.

- Jake est là, ai-je le temps d'annoncer avant d'entendre la porte s'ouvrir et voir Jake et Zachariah pénétrer dans la pièce.

Joyce me lance un regard alarmé, soudainement complètement réveillée, et je ne réagis pas quand elle accoure dans leur direction, avant de se poster devant Jake et de le questionner avec un regard inquiet. Elle le sert chaleureusement dans ses bras. Je les observe du fond du couloir avec un petit pincement au cœur inexplicable, puis je me décide à aller les rejoindre. Je marche lentement, et arrive à leur niveau. Jake lève la tête vers moi. Je déglutis. Il n'a pas l'air bien. Il est pâle, cerné et semble avoir souffert. Ses cheveux sont emmêlés et il est recouvert de poussière et de terre. Son regard presque appeuré me fait ridiculement pensé à petit chiot perdu.

- Tu sais ce qui s'est passé ? questionne Zachariah à l'adresse de Jake.
- Non. Je me rappelle juste m'être réveillé complètement sonné, et sans chaînes. C'est normal que je me rappelle de rien de ce qui m'est arrivé pendant la nuit, mais d'habitude je suis enchaîné, et je ne peux pas me libérer. J'ai peur d'avoir fait du mal à quelqu'un, dans la forêt, explique-t-il en recouvrant son visage de ses mains sales.

Je frissonne. Il ne se souvient pas de ce qui s'est passé dans la grotte. Zachariah me jette un coup d'œil, comme pour me demander mon avis, et je secoue lentement la tête en le suppliant du regard de ne rien dire à propos de « l'incident » de cette nuit. Il détourne les yeux de moi, et retourne son attention vers le loup-garou perdu nous faisant face.

- Si tu t'es réveillé dans la grotte, c'est que tu n'en es pas sorti. Puis, aucune trace de sang, non ? Donc tout va bien, annonce-t-il d'un air rassurant.
- Oui, il a raison, confirme Joyce, en lançant un regard empli d'inquiétude vers le beau brun.
- Vous avez sûrement raison. Je ne devrais pas m'inquiéter, après tout, se rassure Jake en secouant la tête.

Je n'ouvre pas la bouche. Je le fixe, sans savoir quoi faire. Je dois me comporter normalement avec lui. Je dois être naturelle. Jake me regarde, et je lui fais un petit sourire forcé, qu'il me rend. Il à l'air mieux, apaisé. Il est sûrement habitué à ne se rappeler de rien. Il se retourne ensuite vers Zachariah, et enlève son tee-shirt, maintenant abimé et déchiré à plusieurs endroit à cause de la transformation. Je ne peux m'empêcher de rougir face à ce soudain geste. J'ai du mal à décrocher mes yeux de son torse musclé, malgré moi, mais Joyce se racle la gorge et me donne un coup d'épaule pour me dire d'arrêter. Jake se tourn afin d'afficher son dos.

- Dis, j'ai quelque chose au dos ? J'ai plutôt mal.

Un violent frisson me parcoure à nouveau le corps. Un énorme ématome ainsi que d'innombrales éraflures se dessinent sur son dos abîmé. C'est moi qui lui ai fait ça, je l'ai vraiment blessé. Joyce et Zachariah me lance tout deux un regard inquisiteur, et je baisse les yeux, embarrassée. Si Jake savait ce qu'il a essayé de me faire... Il aurait honte, et ne voudrait plus m'adresser la parole, trop gêné et désolé pour ça. J'en suis sûre.

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M
De rien
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H
Je me souviens de toi, merci beaucoup !
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M
j'ai relue le chapitre et franchement j'adore encore une fois je sait pas si tu te souviens de moi c'est moi airi3<br /> j'ai créer un nouveau compte
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H
Ahah xD -beaucoupbeaucouuup-
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D
Oui ! xD -flemmardeeeuh-
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